Cahier de presse

 

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La TribuneMercredi 11 décembre 2002 

Son dada, les inukshuks

Claude Roussel recrée l’art du Grand Nord sans jamais y avoir mis les pieds

 Steve Bergeron

 

 

 

PHOTO DE IMACOM

L’inukshuk est en train d’égaler la feuille d’érable comme symbole du Canada. Déjà représenté sur le drapeau du Nunavut et sur un timbre de la Société canadienne des Postes, cet amoncellement  de pierres à la forme humaine est de plus en plus identifié à notre Grand Nord.

Le Sherbrookois Claude Roussel a été touché par l’inukshuk et souhaite le mieux faire connaître. Comment? En réalisant lui-même des inukshuks miniatures (on peut aussi dire inukshuit, selon le pluriel inuktitut), qui trôneront fièrement sur un bureau, une commode ou un meuble de salon.

« Je ne suis jamais allé dans le Grand Nord, et je n’ai jamais vu de vrai inukshuk, mais les pierres ont toujours été mon dada. De créer mes propres inukshuks est ma façon de faire découvrir une autre culture aux autres et de communiquer un peu de sagesse des Inuits. »

Les inukshuks dont la taille réelle dépasse facilement les deux mètres, avaient différentes utilités. Ils servaient de point de repère dans la plate toundra, notamment pendant la chasse ou indiquaient parois une cache de nourriture. Les plus anciens sont debout depuis le Xe siècle.

Ceux de Claude Roussel ont évidemment une taille plus modeste, d’environ 15 centimètres (six pouces) en moyenne. Il y en a de plus petits, de quelques centimètres et quelques-uns un peu plus grands. Claude Roussel en a plus de 350 dans son atelier.

Le sculpteur songe aussi à proposer ses services pour en créer de plus massifs pour les jardins et parterres.

« Je ne me suis pas encore vraiment lancé dans la commercialisation, mais je commence à avoir quelques contacts, notamment avec des boutiques de souvenirs ou avec des entreprises qui trouvent que cela peut faire un beau cadeau corporatif. »

Claude Roussel a réalisé son premier inukshuk dans ses plates-bandes, sans savoir ce que c’était. C’est son voisin qui l’en a informé.

« J’ai procédé par essai et erreur. Les premiers modèles, je les montais d’un seul coup. Ils tombaient presque aussitôt terminés. Je laisse maintenant une journée s’écouler entre la pause de chaque étage de pierre. »

La colle blanche qu’il utilise lui permet de faire d’une pierre deux coups : retenir les pierres ensemble et représenter la neige qui recouvre souvent les inukshuks.

« J’ajoute ma touche personnelle : une petite pierre au sommet, qui fait office de chapeau. C’est ma façon de sécuriser l’inukshuk, d’en faire une sorte de protecteur, de porte-bonheur. »

L’inukshuk est finalement recouvert d’un vernis à base d’eau, et la pierre de base, d’un vernis à base d’huile. Cela permet de faire ressortir les différentes couleurs des pierres. Il faut évidemment laver et brosser soigneusement chaque pierre au préalable.

Des coussinets placés sous la pierre de base empêchent la sculpture d’égratigner les meubles.

« Je ramasse mes pierres essentiellement dans la région, sur le bord des rivières, dans les bois… Mais comme mon métier d’électricien m’a fait beaucoup voyager au Québec, j’en ai rapporté de Montréal, des Escoumins, de Mont-Joli, ma ville natale », dit celui qui gagne sa vie aujourd’hui comme conseiller en relations industrielles.

S’il en a la chance, Claude Roussel s’offrira un voyage dans le Grand Nord qui lui permettra de voir de vrais inukshuks et de mieux connaître la culture inuit. « Je n’ai pas la prétention de représenter les Inuits. Je désire simplement que le gens s’ouvrent à leur culture. »

Pour l’instant, le seul point de vente des inukshuks de Claude Roussel en Estrie et la boutique Cadeaux cadeaux, de la rue Dufferin, à Sherbrooke. Ou, par Internet au claude.roussel@sympatico.ca.

 

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